Alcazar de carton

Alcazar de carton
2017-2018

La cartonnerie Smurfit Stone Container (New Richmond) a cessé ses activités en 2005. Pourtant, lors de son ouverture, quarante ans plutôt, les trompettes de l’inauguration annonçaient pour des générations à venir des ressources et une demande intarissables. Le pouvoir de représentation des photographies qui en sont issues est somme toute assez pauvre. Néanmoins, elles amalgament un ensemble devenu chaotique, infesté par les empreintes de vestiges cisaillés, bosselés, et abandonnés à leur sort. Tel est le résultat de l’histoire officielle qui a trop poli, voire aplani ce paysage, accélérant ainsi sa désintégration matérielle au sol et intemporelle dans les esprits et les mémoires. C’est à l’opposé des expectatives de la génération des gens qui ont accueilli l’usine vers 1965. Avec ce projet photographique, j’invite à examiner une dimension obscure de l’action humaine.

Derrière une clôture sertie de broches barbelées, qui confinait la cartonnerie dans son périmètre, se révèle la société moderne sous son règne actuel, en mutation sous la roue dentelée du progrès, en concordance avec les valeurs du XXIe siècle. Nous vivons avec la mondialisation, l’économie virtuelle, le capitalisme des marchandises libre-échangées, les délices de ce que nous propose le capital international et, à la fois, avec le cloisonnement des territoires, ce qui n’est pas peu paradoxal.

Les fils de fer chancelants laissent pénétrer les rumeurs du jour. L’Histoire se renouvelle. De la ligne Maginot, à la clôture de sécurité israélienne, et au futur mur des États-Unis, il y a toujours des interstices, comme si c’était un tricot de laine, encore bien au goût du jour, sur notre planète, où fourmillent en colonne les migrants. Des messages codés apparaissent sur les écriteaux: "PROPRIÉTÉ PRIVÉE", "DANGER", "HAUTE TENSION". Ces vestiges prennent l’aspect symbolique d’un corps vide que l’avenir arrivera à combler dans un jeu économique de négociations et de barrières tarifaires.

Face au soleil et aux vents séducteurs, l’usine n’aura été qu’un éphémère. Pour les quelques centaines de travailleurs qui y oeuvraient, elle fut ce bel été pendant lequel se sont exprimés, quatre décennies durant, des expériences de vie et des plaisirs d’acheter fleurs et chocolats.

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